La Libellule au cœur pur

Une libellule au cœur pur, autrefois aventurière, 
Piégée dans le silence, incertaine de la nature d'hier. 
Comme un livre aux pages effacées par le temps, 
Elle flotte, douce et paisible, condamnée dans l'instant.

Malgré les souvenirs qui s'évaporent ou bien fuient, 
Elle demeure une étoile brillante à travers un ciel nuageux. 
Les échos du passé ont renoncé à faire du bruit, 
Laissant ainsi le souffle de l'oubli éteindre le feu.

Mais sa bienveillance est une fleur qui jamais ne fanera,
Une tendresse sans fin qui, de son cœur, pour toujours émanera, 
Que le brouillard peut dissimuler mais jamais effacer,
Que la maladie peut cacher mais jamais altérer.

Ainsi, à travers elle, la beauté de son âme est telle,
Que la brume, elle-même, n'a pu dérober son sourire.
La Libellule au cœur pur nous rappelle,
Que le dernier battement d'ailes n'est pas toujours celui du dernier soupir.


Léo PAPINET

⋆˚𖥔 ݁ ˖𓂃.☘︎ ݁˖

Voici sans doute le poème le plus difficile que j’ai eu à écrire. Il ne vous semblera peut-être pas exceptionnel, mais il porte une signification qui me tient profondément à cœur.

Je l’ai écrit il y a quelques années, en pensant à une dame de ma famille atteinte de la maladie d’Alzheimer. Ce n’est qu’en la voyant que j’ai compris à quel point cette maladie est cruelle. La personne est là, devant vous, le sourire aux lèvres, mais ce sourire n’est qu’une façade. Celle que vous avez connue, aimée pour tout ce qu’elle était, semble s’effacer, emportée par un vent silencieux.

Cette dame était d’une telle gentillesse qu’aucun effort, aucune volonté ne me permettraient d’atteindre un jour une telle pureté d’âme. Même aujourd’hui, malgré la maladie qui ronge ses souvenirs, elle continue de rayonner de bonté et de bienveillance. Une deuxième leçon de vie, aussi brutale qu’inattendue.

C’est en prenant conscience de cela que j’ai réalisé l’importance de vivre pleinement et de chérir ces qualités précieuses que sont la gentillesse, la bonté et la bienveillance. Elles ne s’apprennent pas, elles naissent en nous.

Ce jour-là, alors que je revenais d'une balade en sa compagnie, je n'ai cessé de penser à elle et à sa maladie. Des souvenirs firent leur apparition dans ma tête et se répétaient continuellement. Alors, malgré la fatigue et l'heure tardive, je pris ma plume et commençai à écrire. La nuit fut longue, la plume lourde, et chaque mot était pesant. Mais il fallait que je le fasse, pour elle, pour ce qu'elle représente.

Merci pour tout, Anne.

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